Résilience, qui es-tu?
- 30 déc. 2025
- 2 min de lecture

Résilience,
je te vois passer partout.
Tu te dresses en titre, tu ornes les couvertures,
tu t’invites dans les pages des livres,
dans les voix des entrevues,
au cœur des conférences où l’on parle de l’épreuve.
Ton nom revient, encore et encore,
comme une promesse murmurée.
Ton existence, ton influence, ta portée m’interpellent.
Dis-moi : qui es-tu ?
On me dit que tu es la capacité de tenir debout après le choc.
De continuer à vivre, à croître,
malgré le stress, malgré l’anxiété laissée par un traumatisme
ancré dans le passé.
On me dit que tu surgis lorsque l’on rompt le pacte avec l’adversité,
lorsque l’on décide d’avancer, de se développer,
de choisir la vie, jour après jour.
Mais dans le territoire de la maladie chronique,
celle qui éprouve le corps et l’âme,
hier, aujourd’hui et demain,
rompre cette alliance me semble un rêve inaccessible.
Car une épreuve révolue peut se tapir dans la mémoire,
s’y lover silencieusement,
et faire naître des émotions lourdes, envahissantes.
Alors, ce ne sont plus les faits qui combattent,
mais les émotions qui assiègent le présent.
Dans ce cas, peut-être est-il possible de renégocier le contrat.
De laisser l’événement au passé
et d’apprendre à dialoguer avec les émotions du présent.
Mais lorsque l’épreuve est vivante,
lorsqu’elle revient, persiste, s’installe,
comme la maladie chronique,
elle ne se contente pas d’habiter la mémoire.
Elle marche aux côtés de celui qui la porte.
Elle partage le temps, le corps, l’avenir.
Ici, Résilience, ta tâche change.
L’adversaire n’est plus seulement émotion,
il est expérience en mouvement,
présente hier, active aujourd’hui,
déjà projetée dans demain.
Mettre fin au combat devient alors impossible.
Mais apprendre à vivre avec toi,
à te côtoyer sans te mythifier,
à t’inviter non comme une victoire,
mais comme une présence discrète et tenace,
cela, peut-être, demeure à la portée de chacun.
Tu as été découverte ainsi:
tu venais d’éclore lorsque l'une a osé prendre la parole,
manier le récit de son expérience,
et transformer le sens de son vécu,
émotionnel comme physique.
L'une a toujours su que le choix lui appartenait :
s’abandonner à la souffrance,
se complaire dans le rôle de victime,
ou bien t’affronter,
s’adapter aux difficultés que tu lui imposes,
afin de devenir,
et surtout, d’évoluer.






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