Capable? Incapable?
- 30 déc. 2025
- 1 min de lecture

Capable.
Incapable.
Deux mots qui se font face
et qui prétendent expliquer.
Ils se regardent sans se comprendre,
ils s’opposent par habitude,
pas par vérité.
Mon corps vit entre eux.
Ou peut-être à côté.
Ou peut-être nulle part où les mots savent pointer.
Je suis là,
et je fais quand même.
Si être capable voulait dire tout pouvoir,
alors il n’y aurait rien à faire, rien à essayer :
tout serait déjà décidé.
Si être incapable voulait dire ne rien pouvoir,
alors ce que je fais n’existe pas.
Ou alors c’est le mot qui se trompe.
Mais ces mots insistent,
ils se répètent,
ils classent,
Ils tournent en rond
Être capable ou incapable
ne décrit pas un état,
ça dessine une attente.
Une attente mal ajustée.
Une mesure prise avant d’avoir regardé.
Je marche dans des possibles
que personne n’a mesurés,
parce qu’on ne mesure que ce qu’on reconnaît.
Le reste devient invisible,
ou ironique,
ou contradictoire.
Capable dans un système
qui me dit que je ne le suis pas.
Incapable selon des règles
que je n’utilise pas pour vivre.
Le paradoxe n’est pas dans mon corps,
il est dans le langage
qui veut absolument décider.
Capable.
Incapable.
Ces mots se poursuivent dans une boucle fermée.
Moi aussi, parfois.
Mais pendant qu’ils cherchent à conclure,
je continue à faire.
Et peut-être que c’est ça,
le point où le sens se dissout:
quand vivre
n’a plus besoin d’être prouvé.






Commentaires